Gaëlle Péneau mentionnée au Prix ARVHA de l’oeuvre originale, prix des femmes-architectes

17 janvier 2016

Un grand merci pour ce prix !

Je suis très touchée et honorée par cette reconnaissance pour mon travail et l’engagement qu’il récompense pour ce métier. En effet on ne peut pas exercer l’architecture sans engagement : cette profession est éminemment artistique et politique et en cela elle englobe tous les enjeux de société.

Ce prix est particulier car il récompense, non seulement la création architecturale, mais également le fait que cette création est l’œuvre d’une femme.
La mise en valeur de l’action des femmes dans la société est récente : j’ai souvent entendu dire que les femmes avaient rarement été de grandes artistes, de grandes philosophes, de grandes politiciennes ou de grandes innovatrices avant l’avènement des temps modernes. C’est bien évidemment qu’elles n’avaient pas accès à ces disciplines.

Traditionnellement, les femmes ont joué leur rôle dans la conception et la construction des premiers habitats et marqué leur trace dans l’architecture vernaculaire
Par la suite, mises à l’écart de façon caractéristique des métiers technologiques et prestigieux, elles ont été éloignées de la formation académique jusqu’au début du XIXe siècle, époque à laquelle la profession d’architecte et ses écoles se sont ouvertes aux femmes. Aujourd’hui, si elles représentent 40 % des diplômées des Écoles d’architecture d’Europe, elles ne sont encore que très peu à diriger leur agence.

L’émergence de grands noms féminins, (Kazuyo Sejima, Itsuko Hasegawa, Françoise-Hélène Jourda, Odile Decq, Manuelle Gautrand,…) dans le «star system» de l’architecture montre aujourd’hui la vitalité des femmes architectes et la qualité de leur architecture.

Des publications ont également permis au grand public de découvrir les œuvres d’Eileen Gray et de Charlotte Perriand qui ont marqué l’histoire de l’architecture et du design. Mais on constate que, s’il semble y avoir un regain d’intérêt pour le «fait féminin», il existe encore une discrimination réelle à l’encontre des femmes.

Aujourd’hui, celles-ci représentent environ 40 % des diplômées. Une étude récente révèle cependant que l’architecture est la profession académique avec l’écart le plus marqué entre le taux de formation et le taux de professionnalisation des femmes. Et s’il y a 16 % environ de femmes inscrites à l’Ordre en 2013, dont un certain nombre qui dirigent une agence, le plus souvent en couple, une femme seule à la tête d’une agence reste encore l’exception.

Le Prix des Femmes Architectes, organisé depuis 2013 par l’ARVHA, l’Association pour la Recherche sur la Ville et l’Habitat, vise à mettre en valeur les œuvres et les carrières de femmes architectes, afin que les jeunes femmes architectes puissent s’inspirer des modèles féminins existants, et d’encourager la parité dans une profession à forte dominante masculine.

Je voudrai ici remercier cette association et son action militante pour la mise en valeur des femmes dans une profession majoritairement masculine.

http://www.femmes-archi.org/